Toute économie, pour être viable et donc durable, doit prendre en considération les ressources disponibles et les gérer afin de les préserver.

Que ferons-nous lorsque le pétrole aura été épuisé ou que les terres agricoles seront toutes devenues stériles ?

Notre civilisation essentiellement urbaine (environ 70% de la population mondiale vivent dans des villes) est confrontée à ce grave problème et doit amorcer un changement du système productif pour ne pas disparaître de manière tragique.

L’agriculture est une activité primordiale à la base de l’économie. Si la sécurité alimentaire est assurée pour tous, il est probable que les autres activités s’en trouveront modifiées, et notre propre conception du travail et de la répartition des richesses évoluera.

Historiquement, l’agriculture est une activité locale dont le but est de répondre aux besoins locaux en fonction des ressources elles-aussi locales. Pourquoi ne pas envisager de reprendre ce modèle et de l’appliquer aux milieux urbains en développant une agriculture urbaine ?  Certes, l’agriculture demande de l’espace qu’il n’est pas toujours facile de trouver dans nos villes, mais l’implantation progressive de cultures maraichères dans les centres urbains pourrait apporter de nombreuses solutions dans divers aspects de notre quotidien.

Imaginons que nous utilisions nos places et nos jardins publics pour produire aussi des aliments. Les espèces cultivées pourraient tout à fait intégrer un nouveau concept de paysagisme tout en produisant des aliments sains. Petit à petit, ces jardins potagers et ces vergers pourraient occuper une place importante dans la vie des quartiers tout en nous rapprochant d’une auto-suffisance alimentaire.

Le principe

Basée sur la notion d’économie locale et communautaire, cette agriculture urbaine serait destinée à satisfaire les besoins locaux des quartiers, en étroite collaboration avec les habitants.

La participation essentielle des habitants serait de fournir la matière première aux engrais nécessaires par l’utilisation de toilettes sèches et la récupération des matières organiques non consommables (lire l'éloge de la merde*).

Cela aurait également l’avantage de diminuer les coûts et les inconvénients de nos processus de traitement des égouts et de transport. Cette agriculture permettrait aussi d’assurer l’alimentation de tous, y compris des plus démunis. La monnaie d’échange pour acquérir les aliments serait tout simplement cette contribution physiologique naturelle de laquelle personne ne peut se soustraire. Un système naturel, écologique, égalitaire, qui préfigurerait une véritable économie respectueuse des ressources et des habitants. Je rappelle que les termes "économie" et "écologie" ont la même racine.

La mise en place

Il est illusoire de croire que nous pourrons du jour au lendemain mettre en place un système de production alimentaire urbaine qui répondrait à tous les besoins et qui serait écologiquement adapté, mais il est d’ores et déjà possible de créer de petites structures maraichères capables de fournir une partie de l’alimentation des quartiers, et cela sans investissements inabordables.

Ces structures devront comprendre un espace destiné à la production de compost, outre celui destiné à la production alimentaire elle-même. De plus, il serait intéressant de produire également la matière organique nécessaire à la confection du compost (et qui pourrait par la suite fournir la matière première à de nombreuses activités artisanales). Je pense notamment à la culture du bambou qui a l’avantage de pousser rapidement, de fixer une grande quantité de carbone, d’avoir une partie comestible, de fournir des matières premières à de nombreuses activités telles la construction civile, l’ameublement, l’artisanat...

 L’élevage de volaille fournirait des oeufs et de la viande et enrichirait les sols qui seraient utilisés en alternance en suivant le principe de la rotation des cultures.

La floriculture aurait également sa place et permettrait la production de miel.

Bien que certaines villes ne disposent pas d’espace disponible suffisant, la majorité de nos centres urbains sont en mesure d’offrir des surfaces à une telle activité. À terme, l’urbanisation prévoirait ces espaces agricoles qui auraient l’avantage d’aérer les villes et de leur fournir un paysage vivant et dynamique, des jardins publics dont la finalité serait multiple.

Pour que la population comprenne les avantages de sa participation à ce processus productif, un programme d’incitation à l’utilisation de toilettes sèches serait mis en place (lors de l’utilisation de toilettes publiques séches, nous recevrions un fruit par exemple, et les habitants équipés d’un tel système pourraient recevoir gratuitement des aliments). Cela permettrait de comprendre et de participer aux processus naturels de recyclage, ce qui nous rapprocherait de notre environnement.

Des cours de jardinage pourraient aussi être envisagés pour impliquer plus étroitement la population tout en lui permettant de nouer des liens avec les voisins.

Ces structures étant locales, les problèmes liées au transport et à la logistique serait sensiblement diminués.

L’entretien de ces structures pourrait dans un premier temps être assuré par la collectivité qui disposerait de jardiniers, comme c’est déjà le cas pour l’entretien de nos espaces verts. Par la suite, les habitants du quartiers pourraient assurer le fonctionnement de ces structures par la constitution d’associations ou de coopératives.

Développements

L’objectif de l’agriculture urbaine, outre l’indépendance alimentaire, est la constitution d’une économie locale.

Autour de ces centres agricoles urbains, nous pourrions envisager l’implantation d’industries artisanales de transformation dans les domaines alimentaires, textiles, médicinaux (avec la culture de plantes médicinales), énergétique (production de bio gaz et récupération de la chaleur produite par le compostage), l’ameublement, le matériel de construction, ainsi que de toutes sortes de produits tels que les jouets, les cosmétiques...

En arrivant à répondre aux besoins de base de manière locale, la pression exercée sur les populations (marché du travail, coûts des produits de première nécessité...) sera très nettement diminuée, de même que la pression exercée sur les campagnes par l’industrie agricole conventionelle.

De plus, notre production de déchets s’en trouverait considérablement réduite : diminution des emballages, suppression des systèmes d’égouts (les eaux usées seraient acheminées dans des bassins de phyto-épuration qui produiraient une grande quantité de matière organique utilisable pour le compostage), diminution de l’émission de gaz à effet de serre par une réduction des transports, suppression de l’industrie chimique agricole qui empoisonne les sols, les eaux et les populations, diminution de la consommation d’eau et d’énergie...

Une fois nos nécessités de base satisfaites de manière permanente, nous pourrions acquérir une autre conception du temps, du travail, de l’environnement, de nos relations au sein d’une communauté, et même de la monnaie qui n’aurait plus la même fonction, du moins au niveau local.

Cela représenterait un premier pas conséquent vers une autre organisation socio-économique, dans laquelle les quartiers, les communautés à taille humaine pourraient se constituer en réseaux (nos technologies de communication nous le permettent) dont les relations commerciales pourraient se baser sur des échanges réciproques de savoirs (et de biens à niveau local) et non plus uniquement sur l’argent. La naissance de l’économie solidaire.

A suivre...

L’agriculture en quelques mots

Son importance :
 -  besoin vital - alimentation
 -  contact avec la nature et la vie
  - activité primordiale dans l’économie

Nos erreurs :
 - production d’aliments de mauvaise qualité
 - destruction des sols de l’eau et de l’air
 - consommation excessive d’énergie et d’eau

Réforme de l’agriculture =>
 - sécurité alimentaire
 - aliments sains
 - préservation des sols de l’eau et de l’air
 - localisation de l’économie (contrôle de l’économie)
 - diminution de la production de déchets et de la consommation en eau et en énergie
 - restructuration du tissu social





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Sans imagination il ne pourrait y avoir création.
Albert Jacquard
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