Depuis plusieures décennies maintenant, nous étudions avec application les processus en oeuvre dans notre environnement. Nous avons même fait une science de ces études : l’écologie.

Nous commençons aujourd’hui  à comprendre beaucoup de ces mécanismes au point que nous connaissons les risques que l’activité humaine fait courir à l’ensemble de notre planète.

Cependant, nous n’arrivons pas à mettre en pratique ces connaissances et continuons à perturber l’ordre naturel des choses, avec l’énorme risque de nous condamner nous même.

Quelle est donc cette inertie qui nous pousse, malgré la raison, à poursuivre notre inéxorable destruction du seul bien dont nous disposons : notre vie intimement liée à notre environnement ?

Nous savons que nos ressources sont limitées, mais nous persistons à produire et à gaspiller au nom de principes « économiques » à l’évidence insoutenables.

Bien sûr l’avidité de quelques uns est en grande partie responsable de cette grave situation, mais ne serait-il pas judicieux de se demander quelle est l’origine de cette avidité qui nous touche tous, à divers degrés ?
Pourquoi n’arrivons-nous pas à limiter notre consommation qui, outre la destruction de notre environnement, provoque des injustices et des inégalités insupportables ?

Les raisons de ces difficultés sont enfouies au plus profond de notre conception du monde et de ce que nous sommes. C’est le fruit de siècles, voire de millénaires, de la croyance en la supériorité absolu de l’humain sur toute autre forme de vie, et par conséquent, de certains humains sur d’autres. Ce complexe de supériorité nous fait oublier que nous avons besoin des « autres » pour survivre.  Comment pouvons-nous croire que nous pourrons subsister une fois que nous auront anéanti toute autre forme de vie ?  C’est pourtant bien ce que nous pensons, et nous mettons tous nos atouts dans des applications productivistes de nos connaissances scientifiques pour manipuler ce que nous ne pourrons jamais créer en laboratoire : la diversité extraordinaire de la vie. Nous fabriquons des plantes dont les semences sont stériles, nous tuons les sols qui nous permettent de produire nos aliments, nous souillons l’eau qui est à l’origine de la vie, nous substituons lentement mais sûrement l’oxygène par des gaz toxiques...  Mais nous avons de l’argent, et ceux qui n’en ont pas vivent dans l’illusion qu’ils peuvent un jour en avoir et être enfin « heureux ».  Savons-nous vraiment que l’argent ne se mange pas ?

Nous nous croyons au sommet d’une hypothétique pyramide qui classerait les êtres vivants, et cela au nom de notre supériorité issue de notre intelligence. Mais le prix de notre intelligence est aussi la bêtise, ou du moins la possibilité de faire des choix erronés. Et nous ne nous privons pas d’erreurs !

Nous avons vu naître dans les années 1970 l’écologie politique, mais cela n’a pas limité les menaces que nous faisons peser sur nous mêmes.  L’écologie est restée une discipline abstraite qui étudie les éco-systèmes comme des sujets dont nous sommes complètement étrangers. Ou alors on la considère comme la lubie d’une poignée d’insatisfaits irréalistes. Pourquoi les innombrables « partis verts » ne réussissent-ils pas à proposer (je ne parle même pas de mettre en place) une organisation de notre société respectueuse des processus écologiques ? C’est que, dans le fond, nous continuons excommuniés volontairement de ces éco-systèmes que nous considérons comme des sources inépuisables des matières premières sans lesquelles nous ne savons plus vivre.


"Dreamtime Sisters" par Colleen Wallace Nungari
Notre conception du monde et de nous mêmes n’a pas changé, nous nous considérons toujours comme les rois tous puissants de la création. Des rois soumis corps et âmes  à un dieu froid , cruel et injuste que ses sacerdotes Goldman et Sachs vénérent envers et contre tous.

Tant que nous n’aurons pas incorporé que nous faisons partie de la nature au même titre que le lombric, que la diversité et la complémentarité sont indispensables à l’harmonie et au bon fonctionnement de notre éco-système, nous pourrons continuer à « voter vert » sans aucun résultat positif.

La compréhension de ces notions écologiques doit être profonde. Il nous faut incorporer (com-préhension) une philosophie de vie  que j’appelle écosophie : la sagesse issue des fonctionnements naturels de notre monde.

C’est au prix de cette révolution spirituelle, la plus importante déjà vécue par l’être humain, que nous arriverons à poursuivre notre évolution et que nous prouverons la grandeur de l’être humain en faisant honneur à nos fantastiques capacités et en arrivant enfin à respecter tout ce qui n’est pas nous mêmes.




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Écosophie
Je crois que le temps est venu de changer de paradigme si l'on ne veut pas disparaître.
Pierre Rabhi
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